Vallenay, le Clergé et la Révolution

CONSTITUTION CIVILE DU CLERGE

Conséquences de la Révolution :

Très rapidement, la Révolution manqua d’argent et émis les assignats. Pour les garantir on décida de « nationaliser » les biens du clergé » qui étaient considérables, ce sont les biens de première catégorie. Les biens de la noblesse étant confisqués plus tard, c’est la seconde catégorie.

On élabora une constitution civile du clergé en mettant en demeure les curés d’y souscrire ; Beaucoup s’y refusèrent en démissionnant et en remettant leurs lettres de prêtrise. Certains retournèrent à la vie civile ou devirent les « réfractaires » clandestins. Pour les remplacer on nomma des curés assermentés, en quelque sorte employés de la Nation com :me les instituteurs et rémunérés comme tels. Fidèle à ses engagements de prêtrise, le curé Chalumeau démissionne donc au profit d’un prêtre acquis aux idées nouvelles.

Quant aux églises, elles sont pour partie désaffectées et vendues. Beaucoup sont aussitôt dépecées (charpentes et pierres). Les autres sont dans un premier temps conservées pour le culte mais très vite fermées ou transformées. Dès la constitution des communes, elles sont à leur charge mais rarement entretenues, la déchristianisation fera le reste ; il faut attendre les années 1830/1840 pour qu’elles soient timidement réparées pour celles qui ne sont pas tombées en ruine. Durant toute cette période les curés (comme maintenant) ont en charge plusieurs paroisses et fort peu de fidèles.

 

Nous pouvons remarqué qu’à Vallenay comme ailleurs, au début de la Révolution, le curé est toujours partie prenante dans les municipalités en raison bien évidemment de son degré d’instruction.

La Constitution Civile du Clergé de 1790 voulait des prêtres assermentés et en quelque sorte fonctionnaires, élus par le peuple. Ceux qui ne voulaient pas prêter serment devaient remettre leurs démission, avec leurs lettres de prêtrise, entre les mains des membres du Directoire local issus de Châteauneuf ou de St Amand. Le curé de Vallenay remet donc sa démission et redevient un civil puisqu’il ne présente pas sa candidature.

Pour ce qui est du mobilier de l’église et les objets de culte, le curé doit les remettre car ils sont tout simplement confisqués ainsi que les cloches qui vont à la fonte pour faire des canons, à l’exception d’une seule laissée pour prévenir en cas d’incendie.

A noter que le curé CHALUMEAU a pris possession de la cure de Vallenay en Août 1789, à la suite d’un certain MERLE ; il signe le registre paroissial en Novembre 1792 : CHALUMEAU, curé et procureur de Vallenay ; au mois de Décembre c’est BOUCHON , officier publique qui

signe le registre qui sera transféré ensuite à la municipalité, devenant registre d’était-civil.

A.D. 1 L 1079

 

Pardevant les notaires publics au département du Cher résidant à Bourges soussignés, fût présent le citoyen Pierre Chalumeau, prestre curé de Vallenay, situé au district de Saint Amand, demeurant au logis curial du dit Vallenay, le quel a dit et déclaré que volontairemlent il se démet purement et simplement dans les mains des citoyens administrateurs du Directoire du dit district de Saint Amand, et consentant que les dits citoyens prennent les mesures nécessaires pour remplir la cure et paroisse de Vallenay d’un sujet convenable.

Sur cette démission ainsi faite de la meilleure foy et sans y estre autrement forcé.

Fait et passé à Bourges l’an mil sept cent quatre vingt douze, le premier de la république française, le six décembre avant midy.

Lecture faite, le dit Chalumeau, curé de Vallenay , a signé avec les notaires soussignés

 

 

A.D. 1 L 1083

 

Revenus de la cure de Vallenay ainsy que les charges pour l’année 1790

 

Revenus :

Une partie de grosses dixmes                                                              110 livres

Dixmes novales                                                                              300

Les herbes du pré                                                                            150

Les terres                                                                                     200

La petite vigne                                                                                18

Le petit pré du bourg                                                                         15

Chanvres                                                                                        17

Le quinzain                                                                                  120

Sépplément de portion congrue                                                            120

                                                                                                —–

                                                                                              1050 livres

 

Charges

Impositions et tailles                                                                         38,10 livres

Façons pour ordonner la vigne                                                              14

Façons pour garnir la dite vigne de pessaux                                               10

Exploitation du petit pré et des chanvres                                                     7,10 livres

                                                                                                ——–

                                                                                                  70 livres

 

Signé Baudat, Hervet, Chalumeau

13 Mars 1791

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